Peintre

Peintures, dessins, gravure

Eric Monbel

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Eric Monbel, peintre

Il faut arriver à trouver le juste silence, celui du tableau. Eric Monbel s’approprie ainsi les autres en leur silence. Il les maintient dans un au-delà de l’être et du temps. Plus qu’une photographie qui figerait un instant, le tableau apporte la sérénité d’une idée de l’autre en son absence corporelle. C’est là que le tableau peut se substituer au corps, dans le fait que les poses montrent les êtres comme absentés d’eux-mêmes, pris dans une rêverie dénuée d’expression, ou dans leur sommeil.

Dans tous les cas la peinture devient le seul corps et n’accorde aucun droit à ce qui pourrait faire entrer le sujet (comprendre la personne), dans le tableau. Si on doit parler de présence, elle est toute picturale. La couleur n’est pas exploitée dans le sens d’une séduction ou d’une signification particulière : elle est neutre ou participe de la composition. Le format des tableaux s’approche d’une échelle 1. Nous-mêmes, spectateurs, entrons alors dans le tableau comme s’il s’agissait de nous y installer, d’éprouver la même neutralité que les personnes représentées, comme s’il s’agissait de s’accorder à la même évidence : celle de la peinture.
Sophie Coiffier

Sur la guerre:
Extrait du catalogue l’exposition « Amnésia »
NSDOK, Cologne, été 2009.
Hospice Comtesse de Lille, été 2010.

Aux monotypes dérivés de souvenirs familiaux qu’Eric Monbel a exposés à Cologne, il adjoint à Lille des brancards peints et des peintures d’explosion. Ces dernières, privées de toute présence humaine, témoignent d’un phénomène peu figurable : la brièveté et le dynamisme de l’explosion contrariant sa mise en forme ; elle ne peut être saisie que comme un mouvement qui renvoie la terre au chaos et contamine un ciel envahi de fumées et d’éclats. Ainsi montrée comme événement presque sans contexte, l’explosion échappe à la chronologie pour accéder au registre d’une possibilité permanente. Quant aux corps figurés sur la toile des brancards, la façon dont la surface disponible détermine aussi bien leur posture que leur éventuelle décapitation les transforme en silhouettes anonymes, comme parentes – malgré leurs uniformes – des ombres inscrites sur les murs d’Hiroshima. Le travail de Monbel, élaboré, non sur du vécu, mais à partir de récits, implique une dépersonnalisation de ses motifs qui confirme sa portée métonymique.